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Dunkerque et Binche, l'amitié de deux capitales du carnaval

D'un côté la bande des pêcheurs, ses parapluies et ses harengs volants. De l'autre les Gilles, leurs masques de cire et leurs oranges. Deux traditions qui n'ont presque rien en commun, et qui pourtant se sont trouvées. Voici l'histoire de cette amitié belgo-française, et un tour des autres grands carnavals de Belgique.

Deux capitales du carnaval

Deux mondes, une même passion

Dunkerque et Binche sont souvent citées, chacune de leur côté, parmi les carnavals les plus connus d'Europe. Mais leurs origines n'ont rien à voir. À Dunkerque, tout part de la « foye », le repas d'adieu offert aux marins-pêcheurs avant leurs longs mois en mer vers l'Islande. À Binche, la légende la plus connue remonte à 1549, avec la réception de l'empereur Charles Quint, même si les historiens s'accordent surtout sur des origines médiévales bien plus anciennes.

Deux histoires, deux langues, deux ambiances : à Dunkerque, des mois de bandes et de bals dans une joyeuse pagaille organisée ; à Binche, trois jours d'une discipline quasi rituelle, où même la manière de marcher des Gilles obéit à un code précis. Et pourtant, entre ces deux villes, une vraie amitié s'est installée.

Le cousinage

Une amitié tissée entre Binchois et Dunkerquois

Le musée international du carnaval et du masque de Binche a un jour consacré une exposition entière au carnaval de Dunkerque, intitulée « Mets ton beste clèt'che ». Pour l'inauguration, ce n'est pas une simple photo qui a fait le voyage : une centaine de carnavaleux dunkerquois se sont rendus à Binche pour y offrir aux habitants un rigodon en bonne et due forme, en plein cœur de la cité wallonne.

Des liens de ce genre se tissent au fil des ans entre les deux villes, portés par une admiration réciproque entre deux communautés qui partagent, au fond, la même passion pour leur carnaval, même si l'une ne défile pas le même jour que l'autre : le carnaval de Binche se tient traditionnellement en même temps que les bandes et bals dunkerquois, ce qui n'empêche pas les échanges de se poursuivre le reste de l'année.

Le patrimoine commun

Les géants, un patrimoine vraiment partagé

S'il y a un domaine où le lien entre la Belgique et le Nord de la France est officiel, ce sont les géants. Reuze à Dunkerque, Gayant à Douai, et leurs cousins belges : les processions de géants du Nord de la France et de Belgique sont inscrites ensemble, depuis 2008, au patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO. Un seul et même dossier, pour un seul et même patrimoine.

C'est une différence de taille avec le carnaval de Binche : celui-ci est inscrit à l'UNESCO de son côté depuis 2003, en tant que tradition propre à la ville. Le carnaval de Dunkerque, lui, n'a pas ce label. Autrement dit, sur le papier, ce sont les géants qui rapprochent le plus officiellement les deux régions, bien avant les carnavals eux-mêmes.

Ce qui les distingue

Deux carnavals, deux logiques

OrigineDunkerque : la foye des pêcheurs d'Islande, XVIIe siècle. Binche : origines médiévales, popularisées par la légende de Charles Quint en 1549.
DuréeDunkerque : près de quatre mois de bandes et de bals. Binche : trois jours intenses, du dimanche au mardi gras.
Personnage centralDunkerque : le masquelour en clet'che, costume libre. Binche : le Gille, costume et masque de cire codifiés, réservé aux hommes nés ou domiciliés à Binche.
Le geste emblématiqueDunkerque : le jet de harengs depuis l'hôtel de ville. Binche : le jet d'oranges par les Gilles, symbole de chance qu'il est malvenu de renvoyer.
Statut UNESCODunkerque : non classé. Binche : classé depuis 2003.
Le tour de Belgique

Les autres grands carnavals belges

Binche n'est que la porte d'entrée d'une saison carnavalesque belge particulièrement riche, surtout côté wallon. À Mons, c'est le folklore du Doudou et de son combat dit-on entre Saint Georges et le dragon qui rythme le printemps, davantage lié à la Trinité qu'au carnaval au sens strict. À Stavelot, ce sont les Blancs Moussis qui défilent pour le Laetare, la mi-carême, tout comme les farceurs du Cwarmê à Malmedy. La Louvière, à quelques minutes de Binche, a elle aussi ses Gilles et clôture sa saison par le « brûlage des bosses ».

Côté flamand, plus proche géographiquement de Dunkerque, le carnaval d'Alost est le plus connu : trois jours de défilés satiriques, une tradition vieille de six cents ans, mais un carnaval qui a perdu son classement UNESCO en 2019 après des chars jugés antisémites, un épisode qui a marqué les esprits des deux côtés de la frontière. C'est un rappel utile : la satire est un ingrédient courant des carnavals belges, mais elle ne fait pas toujours consensus.

Se loger sur place

Le point de chute des carnavaleux belges

Vous venez de Binche, de Mons ou d'ailleurs en Belgique pour découvrir le carnaval de Dunkerque ? Loucé et Adélise sont à 150 mètres de la place Turenne et à une minute de la digue, avec une arrivée autonome par boîte à clés, pratique quand on rentre tard d'un bal.

LoucéStudio 17 m², 2 voyageurs, terrasse privée, à partir de 73€/nuit
AdéliseT2 37 m², jusqu'à 4 voyageurs, baignoire et lave-linge, à partir de 88€/nuit
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